Publié le 27 Février 2013


Champagne-Ardenne : les contrats tripartites apporteront « des réponses concrètes aux dysfonctionnements » (L. Joly, vice-présidente)






 

Lorette Joly, vice-présidente du conseil régional de Champagne-Ardenne déléguée aux lycées et à l'apprentissage

© D.R.

Le projet de contrats tripartites (région-rectorat-établissement), prévu par le projet de loi d'orientation et de programmation pour l'école, « est ambitieux car il permettra, d'une part, d'apporter des réponses concrètes aux dysfonctionnements que nous constatons actuellement, que ce soit en fonctionnement ou en investissement, mais aussi en ce qu'il contribuera à la réduction des inégalités sociales et économiques, visant ainsi la réussite scolaire. L'accès au sport, à la culture, doit aussi être inclus et articulé par un contrat », indique à AEF Lorette Joly (PS), vice-présidente déléguée aux lycées, à l'apprentissage et au patrimoine du conseil régional de Champagne-Ardenne, à la suite de l'adoption du budget primitif 2013, le 29 janvier 2013 (1). Par ailleurs, l'évolution de la carte des formations professionnelles initiales est un autre enjeu de discussions avec le rectorat. Le conseil régional de Champagne-Ardenne a, par un « voeu relatif à la carte des formations des lycées publics » voté en assemblée plénière, demandé au recteur d'académie « d'accorder la plus grande attention aux spécificités du territoire champardennais », « de privilégier l'intérêt du lycéen et de sa famille à une logique purement comptable » et de « favoriser aussi souvent que possible la mixité entre lycées professionnels et généraux ».

Cette année, la région Champagne-Ardenne prévoit de consacrer 95,75 millions d'euros à ses lycées (53,209 millions d'euros en investissement et 42,541 millions d'euros en fonctionnement), un montant en baisse de - 7,4 % par rapport au BP 2012 (AEF n°162000).

AEF : Le budget de l'éducation est orienté à la baisse. Pour quelles raisons ?

Lorette Joly : Si le budget consacré à cette compétence apparaît en légère baisse à la première lecture, il ne faut pas en conclure à un désengagement de la région. La construction du budget a tenu compte des contraintes budgétaires, tout en prenant en compte les crédits consommés lors du dernier exercice, qui sont le reflet des besoins réellement identifiés.

Les crédits de fonctionnement des lycées et de l'apprentissage ont baissé de 2,310 millions d'euros, passant de 86,66 à 84,32 millions d'euros [- 2,66 %], mais restent conformes aux crédits consommés pendant l'exercice budgétaire précédent. Ceci s'explique par une baisse des effectifs, de l'ordre de 1 040 lycéens et de 98 apprentis, au 1er janvier 2013. Cette chute démographique s'observe depuis une dizaine d'années. Sur les quatre départements champardennais, trois enregistrent une baisse de leur population ; seul le département de l'Aube affiche une légère hausse de + 0,5 %. Pour enrayer ce problème, la région s'est engagée depuis 2004 dans une politique volontariste, visant à mettre l'accent sur la jeunesse.

AEF : Concrètement, comment cette priorité se décline-t-elle aujourd'hui ?

Lorette Joly : Il s'agit de mettre en place une carte des formations la plus pertinente possible, eu égard aux enjeux régionaux spécifiques. Aujourd'hui, l'objectif est d'apporter une réponse concrète en termes d'accessibilité, d'égalité de traitement et d'élévation des niveaux de formation des jeunes.

Or, il n'est pas toujours possible de maintenir des formations partout sur l'ensemble du territoire, pour vouloir offrir systématiquement une formation à deux pas de chez soi. Dans un contexte budgétaire imposant des choix, il est de notre responsabilité politique de prendre en compte la spécificité territoriale, l'objectif étant de maintenir une offre de formation de qualité qui réponde aux souhaits d'orientation des jeunes et des besoins des territoires.

Ainsi, lorsque deux formations n'accueillent plus, chacune, qu'un nombre très faible d'élèves, posons-nous certaines questions. Faut-il impérativement les maintenir, sachant que les investissements seront de fait partagés entre les deux établissements ? Ou bien, faut-il faire le choix d'une seule formation qui sera dotée des investissements nécessaires à la mise en place d'outils de formation de qualité, contribuant à l'élévation du niveau de formation des jeunes et à une meilleure insertion professionnelle, quitte, dans ce cas-là, à ce que la collectivité territoriale prenne en charge les frais d'hébergement et de transports du jeune qui se verrait imposer une mobilité ? En ce sens, le fonds social mis en place par la collectivité régionale doit pouvoir répondre aux besoins identifiés des lycéen(ne)s ou des apprenti(e)s.

AEF : D'ailleurs, l'intergroupe majoritaire a fait adopter un « voeu relatif à la carte des formations des lycées publics », lors de l'assemblée plénière du 29 janvier [sans que le FN participe au vote]. Comment cette démarche progresse-t-elle ?

Lorette Joly : L'élaboration de la carte des formations professionnelles initiales se fait dans la concertation, avec la région et les autorités académiques [rectorat et DRAF]. Dans le cadre du CPRDFP, depuis juin 2011, nous travaillons sur la construction de la carte en termes de complémentarité entre celle sous statut scolaire et celle par apprentissage. Il faut permettre aux jeunes champardennais de choisir leur orientation et non plus de la subir, tout en prenant en compte les difficultés financières des familles.

Aujourd'hui, et c'est une triste réalité, certains jeunes de lycées professionnels sont obligés de travailler pendant leurs loisirs pour aider leur famille. En apprentissage, avec une rémunération, l'alternance peut leur offrir la possibilité d'étudier et se former dans de meilleures conditions, plus conformes à leurs besoins. Il est donc nécessaire de trouver le bon équilibre entre les deux voies de formation. L'une n'est pas meilleure que l'autre. Simplement, chacune correspond à un public différent.

AEF : Le secrétariat général de l'enseignement catholique de Champagne-Ardenne s'est inquiété d'une baisse des crédits d'investissement affectés aux lycées privés (de 4 millions à 1,7 million d'euros). Comment la justifiez-vous ?

Lorette Joly : S'agissant des établissements privés, la région ne se soustrait pas à ses engagements. Certes, priorité a été donnée aux établissements publics, et il a été décidé de figer les crédits d'investissements des lycées et CFA non propriétés de la région. Cette baisse doit s'entendre comme une situation d'attente. Dès que seront connus les montants des recettes allouées à la région, il sera possible de reconsidérer la situation lors de la prochaine décision budgétaire modificative, comme l'a affirmé le président Jean-Paul Bachy dans un courrier adressé au secrétaire général du comité académique de l'enseignement catholique, le 18 janvier.

AEF : Comme l'a signalé le Ceser, la région a procédé à un report d'opération immobilières : cinq opérations du PPI (plan pluriannuel immobilier) 2000-2007 ne seront achevées qu'en 2013, et neuf opérations de l'actuel PPI seront reportées. Pourquoi ?

Lorette Joly : Pour ce qui concerne le PPI (plan pluriannuel immobilier), géré par la direction générale du patrimoine immobilier, je considère qu'il est impératif de maintenir les opérations immobilières qui présentent un caractère prioritaire, tels que l'accessibilité aux personnes handicapées, ou la maîtrise énergétique. Par ailleurs, le glissement de certaines opérations de restructuration et rénovation n'est pas toujours de la seule responsabilité de la collectivité, mais le résultat d'impondérables : cessations d'activités d'entreprise, mauvaise appréhension ou non identification de problématiques qui génèrent des reports de travaux, ou des surcoûts, etc.

AEF : Avez-vous identifié des pistes d'amélioration ?

Lorette Joly : Dans le cadre de la loi d'orientation et de programmation pour l'école, les contrats tripartites région-rectorat-établissement devraient permettre, entre autres, de mieux appréhender ces difficultés et d'adapter le plus justement possible les constructions budgétaires. Ce travail collégial de partenariat se traduira par un contrat pour définir, à partir de constats partagés, des objectifs et des moyens, les axes politiques en termes de formation, d'orientation, de décrochage scolaire, de numérique. Ce projet est ambitieux en ce qu'il permettra, d'une part, d'apporter des réponses concrètes aux dysfonctionnements que nous constatons actuellement, que ce soit en fonctionnement ou en investissement, mais aussi en ce qu'il contribuera à la réduction des inégalités sociales et économiques, visant ainsi la réussite scolaire. L'accès au sport, à la culture, doit aussi être inclus et articulé par un contrat.

AEF : La maintenance informatique est une compétence qui pourrait être transférée aux régions, dans le cadre de la loi de programmation et d'orientation pour l'école (AEF n°177728). Comment le conseil régional y est-il préparé ?

Lorette Joly : Le transfert aux régions de la maintenance informatique est désormais nécessaire, indispensable. Mais il doit être impérativement accompagné par une compensation financière et le transfert des personnels restants à ce jour sur cette mission. Aujourd'hui, cette compétence qui relève de la responsabilité de l'État n'est quasiment plus assurée, en tout cas, plus correctement. Au fil du temps, l'État s'est de plus en plus désengagé, en réduisant les moyens nécessaires, d'abord matériels puis humains. Très souvent, ce sont des enseignants, sur la base du bénévolat, qui assurent cette mission. Mais ils ont de plus en plus de difficultés pour accomplir cette tâche.

Or, à l'heure où le ministre Vincent Peillon a volonté de développer le numérique dans l'enseignement, il convient de donner les moyens matériels et humains pour y arriver. Au plan territorial, ne serait-il pas judicieux d'envisager des solutions communes entre les différentes collectivités, avec la mise en place d'équipes locales qui répondraient aux besoins de maintenance des établissements d'un même territoire ?








(1). Adopté à la majorité, les représentants de l'UMP - Nouveau Centre - DVD et du FN votant contre. Il s'élève à 679,5 millions d'euros (pour 680,07 l'an dernier).








Contact : - Conseil régional de Champagne-Ardenne, Marie-Paule Carisio, conseillère pour la presse, le protocole et les relations publiques, 03 26 70 89 22, mpcarisio@cr-champagne-ardenne.fr







À télécharger :






 Voeu voté au conseil régional de Champagne Ardenne (dans le cadre du budget 2013)" class="document" href="http://www.aef.info/public/fr/abonne/docutheque/document_detail.php?id=7541&ea=aeb7db0c6370db60e0509fab08dfcedf" style="color:#0b81c9;font-family: Arial,Helvetica,sans-serif;">Voeu voté au conseil régional de Champagne Ardenne (dans le cadre du budget 2013)
Document n° 7541







Lire aussi dans les dépêches :







 Dépenses éducatives des collectivités en 2012 (2). Lycées : 15 régions réduisent leurs budgets (DGCL)
AEF n° 173101 du vendredi 12 octobre 2012 - EJ









 Budget 2012 en Champagne-Ardenne : plus de 103 millions d'euros pour les lycées (- 2, 7 %)

AEF n° 162000 du vendredi 3 février 2012 - EJ









 Budget 2011 en Champagne-Ardenne : le conseil régional revisite l'affectation de ses aides aux lycéens

AEF n° 144196 du vendredi 21 janvier 2011 - EJ









 Champagne-Ardenne : le conseil régional dénonce la « pagaille » des manuels scolaires de seconde

AEF n° 137956 du vendredi 24 septembre 2010 - EJ







Cette dépêche fait partie du dossier :







 Budgets éducation des collectivités






Vous y retrouverez l'ensemble des dépêches sur le sujet.


 

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Publié le 26 Février 2013

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Publié le 15 Février 2013

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Publié le 7 Février 2013

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Publié dans #CATEGORIEL

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Publié le 4 Février 2013

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Publié le 4 Février 2013

La SRIAS a réalisé un nouveau partenariat avec VTF l'esprit vacances pour 2013 afin que les agents de l'Etat puissent accéder à des séjours à des prix très attractifs.
En plus des tarifs préférentiels obtenus auprès de VTF vacances, la SRIAS subventionne également les séjours des agents en fonction de leur quotient familial.

Vous retrouverez l'ensemble des informations dans le document de communication ci-dessous. Diffusez l'info autour de vous.


Les agents doivent réserver leurs séjours directement auprès de VTF l'esprit vacances. Pour en savoir plus sur les séjours, il faut contacter VTF l'esprit vacances (brochures, renseignements, réservations)

 

>SRIASlien vers le site vtf :link

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Publié le 2 Février 2013

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Publié le 2 Février 2013

EXAMENS PROFESSIONNELS ET CONCOURS RÉSERVÉS

ACCÈS AUX CORPS DE LA FILIÈRE ADMINISTRATIVE

 La note de service n°2013-009 du 14 janvier 2013 relative à l’organisation des recrutements réservés prévus par la loi n°2012-347 du 12 mars 2012 relative à l’accès à l’emploi titulaire et à l’amélioration des conditions d’emploi des agents contractuels dans la fonction publique…, est parue au BO du 15 janvier 2013. 
Pour l’académie de Reims,
les recrutements réservés sont ouverts du 15 janvier au 5 février 2013 dans les corps et grades suivants :

 Catégorie C
 Adjoints administratifs de l'éducation nationale et de l'enseignement supérieur de 2ème classe
• Adjoints administratifs de l'éducation nationale et de l'enseignement supérieur de 1ère classe. Ce concours est organisé par l’UTT de Troyes uniquement.

 Catégorie B
• Secrétaires administratifs de l'éducation nationale et de l'enseignement supérieur de classe normale. Ce concours est organisé par l’UTT de Troyes uniquement.

 Catégorie A
• Attachés d'administration de l'éducation nationale et de l'enseignement supérieur

 Les arrêtés autorisant au titre de l’année 2013 l’ouverture de ces concours réservés ainsi que la nature des épreuves et les règles d’organisation générale sont tous datés du 9 janvier 2013.

 Les modalités de recrutements et les personnes éligibles à ces corps et grades sont précisées en annexe 1 de la note de service.

Les textes nous disent que les candidats doivent s'inscrire auprès de l'administration dont ils relèvent à la date du 31 mars 2011 (ou du 13 mars 2012 pour les CDIsés).

Mais qu'en est-il pour les agents contractuels du ministère de l'éducation nationale et pour ceux du ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche ?

Les corps administratifs ouverts aux recrutements réservés étant communs aux deux ministères, les candidats de l'université peuvent-ils s'inscrire à un concours où les postes à pourvoir sont à l'éducation nationale et inversement ?
Si oui, ces candidats peuvent-ils acquérir leur ancienneté dans les deux ministères ?

Un agent qui justifie d'au moins 4 ans de services  accomplis dans le cadre de contrats de recrutement par une université, tout comme un agent justifiant de 4 ans de services dans le cadre de contrats rectoraux, peut se présenter à un recrutement  réservé de personnels administratifs.

L'accès au grade d’adjoint administratif 2ème classe, de SAENES de classe normale ou d’attaché administratif est ouvert aux agents contractuels du ministre chargé de l'éducation nationale ou de l'un de ses établissements publics et aux agents contractuels relevant du ministre chargé de l'enseignement supérieur et de la recherche, ou d'un de ses établissements publics administratifs, hors établissements publics à caractère scientifique et technologique.
Peu importe la localisation des postes offerts au recrutement. Un personnel qui serait en poste au rectorat ou dans un EPLE peut se présenter à un recrutement à pourvoir dans une université.  

En revanche, un agent qui justifierait de deux ans de services dans le cadre d'un recrutement par le rectorat et de deux ans de recrutement par une université ne pourrait être autorisé à se présenter à ce recrutement ou à tout autre recrutement réservé puisqu'il ne remplirait pas la condition de justifier d'au moins 4 ans de services auprès du même département ministériel, du même établissement public ou de la même autorité publique.


R
éférences : décret n° 2012-1513 du 28 décembre 2012 relatif à l'ouverture des recrutements réservés pour l'accès à certains corps de fonctionnaires relevant du ministre chargé de l'éducation nationale, qui fixe la liste des corps et grades ouverts aux recrutements réservés et précise pour chacun de ces corps et grades les catégories d'agents pouvant y accéder.

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