Les emplois publics et la numérisation de l’administration

Publié le 20 Mai 2017

A l’heure du début du mandat du nouveau président de la République, il nous a paru intéressant de mettre en avant un article paru le jeudi 11 mai dans « Acteurs publics » soit 3 jours avant la passation de pouvoir. La thématique porte sur la transformation numérique de l’administration avec comme corolaire une automatisation possible affectant plusieurs dizaines de milliers de postes d’agents publics.

Cet article s’appuie sur le rapport du cabinet de conseil allemand en stratégie Roland Berger. Ce cabinet implanté dans 36 pays s’est fait une spécialité de l’intervention stratégique dans de nombreux domaines de gestion auprès de partenaires aussi divers que les Etats, multinationales et établissements publics.

Ce rapport pose les modalités d’accélération de la transformation numérique de l’administration française. L’objectif affiché est de lier le monde des start-up à celui de la puissance publique afin d’améliorer la performance de nos administrations.

Il s’agit dans un premier temps de créer une plate-forme d’« accélération » afin d’attirer les start-up vers le service public dans une politique du gagnant-gagnant, tout en recherchant les économies de dépense publique. Cela existe déjà, notamment vers les mairies sous la forme d’une interface interactive et collaborative.

Cette transformation numérique avec son automatisation pourrait impacter de 40 000 à 110 000 postes publics. Nos corps administratifs font partie de ce cœur de cible avec la mention des secrétaires administratifs et des adjoints. Les personnels techniques sont également évoqués.

Pour autant ce cabinet voit dans cette transformation numérique une possibilité donnée de redéploiement des missions et de renouvellement des métiers. De nouveaux métiers feraient ainsi leur apparition dans l’administration comme par exemple les community manager, les designer d’expérience.

Quatre défis sont alors pointés pour la DGAFP à savoir :
- une gestion prévisionnelle de l’emploi et des compétences dite « agile » comprenant la formation, l’adaptation des emplois et le recrutement de nouvelles compétences ;
- une transformation des modes de « management » citant le télétravail, la transversalité et le travail collaboratif ;
- l’ouverture de la Fonction publique sur l’extérieur, dans une logique d’innovation ;
- la construction d’un programme sur la conduite du changement.

En somme, ce cabinet dessine un véritable programme pour « un futur ministère de la réforme de l’Etat ».
Et dire que le président de la République  veut supprimer 120 000 postes d’agents publics. Il n’a pas besoin de les chercher, le cabinet Berger lui propose sur un plateau  avec l’automatisation.
Mais de qui se moque-t-on ?  De nous les citoyens agents publics qui depuis la SMR, la RGPP et la MAP subissons des suppressions de postes et sommes les témoins de la détérioration de la qualité du service rendu à l’usager.

Comprenons-nous bien, nous ne sommes pas opposés à l’évolution des modalités d’exercice de nos missions bien au contraire. Cependant, cette transformation numérique ne pourra se faire qu’avec la participation des agents publics et non contre eux. Cela permettra d’éviter bien des erreurs et des dépenses inutiles à l’exemple de l’opérateur national des payes, du logiciel Louvois et de SIRHEN avant sa refondation par les services informatiques de notre ministère.

Dominique Chassagne
Secrétaire national Fonction Publique et revendications corporatives

Rédigé par Syndicat AetI - UNSA

Publié dans #DIVERS

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