La République des experts

Publié le 20 Mai 2017

Nous connaissons les noms des ministres qui succèdent à Najat Vallaud Belkacem à l’éducation nationale et à l’enseignement supérieur. Comme on pouvait s’y attendre, le MENESR est scindé en deux. D’une part l’éducation nationale avec M. Blanquer comme ministre, ex Recteur, ex directeur de l’enseignement scolaire et d’autre part, Mme Vidal, présidente d’université comme ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche.

Le candidat devenu président avait dit que l’éducation était un « chantier prioritaire » pour lui. On peut en douter… … en effet jusqu’alors la ministre Najat Vallaud Belkacem  était en rang 3 dans l’ordre protocolaire et là les deux nouveaux ministres sont aux 11è et 14è rangs.

Jusqu’alors, les ministres étaient des politiques au sens noble du terme, ce qui donnait à ce grand ministère des aspects régaliens.

En nommant un recteur et une présidente d’université, le nouveau président et son premier ministre renvoient l’Education à des techniciens, des experts… comme ils ont nommé un médecin au ministère de la santé ou la présidente de la RATP au ministère des transports.

Certains croient y voir de la modernité, rassurons les !!! Rappelons que Valéry Giscard d’Estaing après son  élection à la présidence de la République en 1974 nomma ministre de l’Education un ancien recteur et secrétaire d’Etat aux universités un Doyen de faculté également ancien recteur… bref deux techniciens.

Nous allons attendre la nomination des équipes autour d’eux et voir les signaux qui seront envoyés notamment avec le maintien ou non d’une DGRH commune aux deux ministères. La séparation serait le signe d’un démembrement avec  des conséquences importantes pour les personnels de l’administration de l’éducation nationale et de l’enseignement supérieur.

Le pôle éducatif c’est aussi la jeunesse et les sports, si une ministre des sports a été nommée, pour l’instant le secteur « jeunesse » est absent. Y aura-t-il un secrétaire d’Etat ? Ce secteur sera-t-il dévolu à la ministre en charge des sports, les décrets d’attribution des ministres pourraient nous éclairer…

Avec notre fédération l’UNSA Education nous continuons d’exiger une politique éducative ambitieuse à la hauteur des enjeux de demain.

Pour la fonction publique, le ministère n’existe plus et est donc rattaché au nouveau ministre de l’Action –sic transit- et des comptes publics… Voir ci après le communiqué de l’UNSA FP

Cela nous rappelle 2007 après l’élection de Nicolas Sarkozy avec M. Woerth qui était chargé des comptes publics et de la fonction publique….

Dans son éditorial de la revue 50 Jean-Yves Rocca nous appelait à « la vigilance » et ajoutait « aucune réforme ne peut avoir de légitimité auprès des personnels, des étudiants, des élèves et de leurs familles, sans un dialogue social réel et constructif (…) La négociation n’est pas du temps perdu dans une démocratie ».

En 2012, dans son éditorial de la revue 71, après l’élection de François Hollande, il insistait sur le terme « Confiance » en précisant qu’elle «  se construit par des actes, dans le cadre d’un dialogue social qui respecte les personnels et leurs représentants, à tous les niveaux ».

Vigilance et Confiance peuvent caractériser notre syndicalisme pragmatique.

Nous saurons le rappeler lors de nos prochaines rencontres avec les ministres et leurs cabinets.

Notre syndicalisme est aussi constructif à condition que nos interlocuteurs veuillent construire et non démolir !

Jean-Marc Bœuf
Philippe Mesnier

Rédigé par Syndicat AetI - UNSA

Publié dans #DIVERS

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